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Google annonce ses résultats au 31 mars 2008

18 avril 2008

Si certains se faisaient du souci quant à la santé financière de Google, la publication de ses états financiers pour le premier trimestre 2008 devrait dissiper ces craintes. En effet, bien que les revenus générés par les liens sponsorisés semblent pour la première fois être en baisse depuis le début de l’année, Google annonce des revenus supérieurs à 5 milliards de dollars au 31 mars 2008.

Je ne m’attarderai pas sur les différentes augmentations que cela représente par rapport à 2007 (même si leur ampleur est impressionnante); le communiqué officiel s’en est déjà chargé. Je me contenterai donc de souligner un point qui me semble intéressant: si les revenus générés par les AdWords sont en baisse, mais que le chiffre d’affaires global est en hausse, cela peut signifier 2 choses:

1. Les activités existantes de Google ont enregistré une augmentation de leurs revenus supérieure à la baisse des revenus AdWords;

2. Google a étendu ses activités à d’autres domaines du Web et dispose donc maintenant de nouvelles sources de revenus.

La deuxième explication me semble la plus pertinente; on a suffisamment répété (je l’ai fait moi-même hier sur ce blog) que la domination de Google en inquiète plus d’un: messagerie, cartographie, publicité, blogs, réseaux sociaux, il n’y a pas un domaine dont Google est absent. De plus, Google se contente rarement d’une place de figurant sur les secteurs qu’il investit; quand le géant passe à l’attaque, c’est en se donnant tous les moyens nécessaires pour obtenir rapidement et durablement une place de choix (souvent celle de leader).

Il sera intéressant de suivre l’évolution des revenus de Google sur les prochains mois. Pour ma part, je pense que les chiffres réalisés par Google n’ont pas fini de nous surprendre. Le seul événement qui pourrait venir perturber la donne semble être la concrétisation du rachat de Yahoo par Microsoft; l’affaire est hélas loin d’être gagnée pour Steve Ballmer, surtout que l’on annonce à présent une prolongation du partenariat entre Yahoo et… Google.

Si vous souhaitez prendre connaissance des highlights de ces états financiers, le Search Engine Journal est votre ami!

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Quand 45 milliards ne suffisent pas

12 février 2008

C’est officiel depuis hier: Yahoo refuse les 45 milliards offerts par Microsoft le 1er février dernier, ce montant (pourtant honorable il faut l’admettre) ayant été jugé insuffisant par le Board. Microsoft a rapidement répondu avec un communiqué de presse, où l’on peut notamment lire que « les conversations que nous (Microsoft) avons eues avec les parties prenantes des deux sociétés montrent que l’accomplissement de cette transaction serait dans l’intérêt de tout le monde ».

Je ne suis pas particulièrement hostile à Microsoft; si je fais abstraction du fait que ses produits marchent systématiquement moins bien que les solutions concurrentes (qu’il s’agisse du navigateur, du lecteur média ou autre), je n’ai pas de reproches spécifiques à lui adresser. Pourtant, quand Microsoft dit que quelque chose « serait dans l’intérêt de tout le monde », je ne peux pas m’empêcher d’entendre « cela nous permettrait de nous en mettre plein les fouilles tout en respectant notre longue tradition de pratiques déloyales et anti-concurrentielles ».

En d’autres termes, je n’ai aucune confiance en Microsoft. De plus, depuis quelques temps, la situation n’est pas rose pour la firme de Redmond: entre un nouvel OS fortement critiqué (pour ne pas dire plus), une incapacité totale à concurrencer réellement Google sur son terrain et une image de marque depuis longtemps rendue extrêmement friable par les pratiques mentionnées ci-dessus, Microsoft est comme un sanglier blessé et acculé: capable de tout. Cette métaphore peut sembler un peu extrême (nous ne sommes en effet pas encore en train de parler de survie pour Microsoft) mais elle me semble néanmoins assez réaliste.

Avec l’avènement du « Web en tant que plate-forme », concept si cher au Web 2.0, il est déjà possible de déliver bon nombre d’applications à travers un navigateur. Si certaines d’entre elles sont encore de qualité tout à fait insuffisante pour s’imposer comme standard du marché, il n’en faudrait pas beaucoup pour qu’une alternative sérieuse à Microsoft Office émerge. Sachant que la suite bureautique rapporte des milliards de dollars chaque année, l’apparition d’un substitut de qualité, gratuit et accessible de partout ébranlerait les fondations de Microsoft de façon dramatique. Et Microsoft le sait.

Steve Ballmer est bien conscient de la situation dans laquelle il se trouve: si il n’arrive pas à rattraper Google sur Internet, il reste terriblement vulnérable à la fonte de ses parts de marché sur ses propres territoires. Or, le meilleur moyen de concurrencer Google est d’acquérir Yahoo… d’où mon scepticisme quant au fait que cette opération serait « dans l’intérêt de tout le monde ». Les actionnaires de Yahoo empocheraient certes un respectable pactole, mais ces bénéfices seraient dérisoires comparés à ce que Microsoft attendait d’une telle acquisition. Et on ne parle même pas ici de l’impact sur les consommateurs, sujet étrangement laissé de côté depuis le début de cette histoire. Les analyses concernant l’impact sur le marché ou les capitalisations boursières fleurissent, mais quid de l’internaute lambda derrière son ordinateur? Silence radio…

Pour l’instant, il semble qu’aucune enchère ne soit envisagée du côté de Microsoft. Vu la flambée du cours de l’action Yahoo ces dix derniers jours, il est également peu probable qu’une autre société tente à son tour un rachat (encore que… depuis l’annonce officielle de son refus, Yahoo a vu le cours de son action redescendre). Pourtant, les rumeurs continuent de batifoler sur la Toile, où certains se plaisent à parler d’un éventuel rachat de Yahoo par un autre géant comme Apple ou News Corp. Je vous l’avais dit: à défaut d’aboutir, l’OPA de Microsoft fait parler…

A défaut d’aboutir, ça fait parler

11 février 2008

A l’heure où les doutes s’amoncellent quant au succès de l’OPA inamicale lancée par Microsoft sur Yahoo (voir mon billet précédent), une chose est sûre: cette histoire a d’ores et déjà créé un buzz retentissant sur la Toile (un buzz à la hauteur de l’événement en fin de compte; pour ceux qui n’auraient pas suivi, ce billet offre un bon aperçu des conséquences d’une telle opération si elle venait à se concrétiser). En attendant le verdict final (qui est entre les mains du Board de Yahoo et de personne d’autre, faut-il le rappeler), nombreux sont les sites qui spéculent déjà sur l’issue de ce feuilleton ou sur ses conséquences déjà observables.

D’après le journal Le Monde, Yahoo essaierait de faire monter les enchères en réclamant à Microsoft 9 dollars de plus par action, soit une rallonge totale d’environ 12 milliards. La version française de Techcrunch publiait hier un billet consacré à la dégringolade du titre de Microsoft depuis l’annonce de l’OPA, alors qu’on y trouve aujourd’hui une rumeur concernant un éventuel rapprochement entre Yahoo et AOL (l’article original est paru sur la version anglophone de TechCrunch et reprenait visiblement un article du Times online).

En bref, personne ne sait avec certitude quelle sera la réaction de Yahoo, même si une majorité de gens semble penser que Microsoft peut d’ores et déjà s’asseoir sur son OPA. Qu’il s’agisse de Google ou d’AOL, tout porte à croire que Yahoo cherche à se rapprocher d’un autre acteur du Web plutôt que de se faire avaler par le géant de Steve Ballmer (auquel cas un partenariat avec Google ferait bien plus de sens). Quoi qu’il en soit, mon coup de coeur va à cette vidéo: à défaut d’être d’une grande aide pour Jerry Yang (actuel CEO de Yahoo), elle a au moins le mérite de rendre un peu de légereté à toute cette histoire.

Microsoft-Yahoo: la saga continue

1 février 2008

WOW.

Ainsi commence le billet de TechCrunch consacré à cette annonce qui secoue déjà la Toile. On en parlait depuis un bon moment, et l’histoire a connu aujourd’hui une nouvelle avancée majeure: Microsoft a officiellement exprimé son intention d’acquérir Yahoo. Avec une offre de 44.6 milliards de dollars, les actions Yahoo se retrouvent valorisées à 31$, soit 62% de plus qu’hier à la clôture de la bourse. De quoi frustrer tous leurs non-actionnaires, dont je fais malheureusement partie.

A l’heure actuelle, il serait prématuré de trop s’emballer. L’offre d’achat est lâchée dans la nature mais l’histoire est loin d’être jouée, d’autant qu’une acquisition de ce type ne se fera certainement pas avant que les organismes en charge de réguler la concurrence n’aient étudié le dossier et ses implications en détails.

Il n’en demeure pas moins que si Microsoft parvient à racheter Yahoo, l’Internet de demain pourrait se voir profondément chamboulé. Tout dépendra bien sûr de la stratégie de Microsoft et de la façon dont le Board prévoit de gérer cette acquisition colossale. On trouve déjà des éléments de réponse dans la lettre que Steve Ballmer a envoyée au Board de Yahoo (voir l’article de TechCrunch): au-travers des traditionnels very attractive investment, maximum value to the shareholders et autres benefits of scale, c’est une réflexion de longue date que l’on aperçoit en filigrane. En effet, 44 milliards de dollars pour un achat impulsif, ça reste un peu cher même pour Microsoft.

Un passage de la lettre de Steve Ballmer me semble particulièrement intéressant: « We would value the opportunity to further discuss with you how to optimize the integration of our respective businesses to create a leading global technology company with exceptional display and search advertising capabilities« . Voici déjà une bonne indication de ce que Microsoft espère de cette acquisition.

Les semaines et mois à venir s’annoncent donc mouvementés et riches en suspense. Si d’aventure l’offre de Microsoft devait aboutir, le plus palpitant serait encore à venir. En effet, il n’y a pour l’instant aucune garantie quant au succès commercial de cette acquisition. Lorsque des changements d’une telle envergure s’opèrent, les gérer correctement constitue un défi considérable. Entre la réalisation des synergies annoncées et la protection des employés des deux entités, le terrain sera miné pour Steve Ballmer et son équipe.

Côté consommateurs, il est trop tôt pour parler de l’impact qu’aurait une telle acquisition en cas de succès. Pour l’instant, les bénéfices de l’opération semblent en effet plus évidents pour Microsft dans le cadre de sa lutte contre Google que pour les internautes. Microsoft ayant pris un retard considérable sur Google dans le domaine de la publicité en ligne, rattraper ce retard de façon organique semble impossible depuis déjà un certain temps. L’acquisition de Google va donc offrir à Microsoft une masse critique beaucoup plus intéressante. De plus, Yahoo génère un trafic considérable aux Etats-Unis et possède une culture Internet que Microsoft n’aurait probablement jamais été en mesure de développer.

Ce qui est sûr en revanche, c’est que Google va garder un oeil aïguisé sur toute cette histoire. Après de nombreux mois d’acquisitions et de consolidation menés par les 3 géants que sont Google, Yahoo et Microsoft, le terrain de jeu risque de prendre une dimension bien différente.