Posts Tagged ‘Yahoo’

Un monde qui ne planterait pas

22 juillet 2008

Loin de moi l’idée de plagier l’une des figures emblématiques du siècle dernier, mais j’ai fait un rêve cette nuit. Dans ce rêve, j’évoluais dans un monde qui ne plante pas. Mais vraiment pas du tout. Ce rêve était l’un de ceux dont on se souvient parfaitement au réveil, ce qui me permet de le partager avec vous:

Je me suis levé (notez comme l’emploi de l’italique donne tout de suite un côté msytique à la chose) et j’ai allumé mon ordinateur. En l’espace d’une vingtaine de secondes, il était déjà opérationnel. J’ai lancé plusieurs programmes en même temps, certains très gourmands en mémoire vive, mais le système a eu l’air de se gausser de moi, exécutant les opérations à la chaîne sans la moindre palpitation de processeur.

Je me suis ensuite connecté sur Internet. Là encore, malgré les nombreux onglets qui s’ouvrent automatiquement au démarrage, tout se passe fluidement, sans accro, comme… dans un rêve. Je surf, je télécharge, j’écoute de la musique en streaming tout en bloguant, mais je ne constate pas le moindre ralentissement.

C’est étrange, me dis-je. Dans mes souvenirs, mon ordinateur plantait chaque fois que j’essayais d’ouvrir plus d’un programme à la fois. Des messages d’erreurs aux sonorités exotiques envahissaient régulièrement mon écran, et des données précieuses disparaissaient fréquemment suite à des fermetures de programmes inopinées.

Même constat au niveau du navigateur: je ne compte plus les fois où il s’est fermé de son propre chef, sans aucun avis préalable et pour la seule raison que j’avais ouvert plus de deux onglets dans une meme fenêtre. Et je ne parle pas de la lenteur, constante et si frustrante, qui régissait mes pérégrinations d’internaute.

Mais là, rien. Pas un hoquet. Pas un frémissement. Pas un bit de perdu. Pas un message d’erreur. Tout marchait tellement bien que ça en devenait franchement suspect.

Et puis, en me réveillant, j’ai compris. Dans mon rêve, j’avais un Mac. Dans mon rêve, je surfais avec Firefox 3 ou Safari. Dans mon rêve, je composais le 117 dès qu’un produit Microsoft s’approchait de mon appartement (pour nos amis de partout ailleurs qu’en Suisse, 117 est le numéro de la police).

Alors, je ne sais pas vous, mais moi ça m’a quand même amené au questionnement suivant: pourquoi tout produit, dès lors qu’il est estampillé Microsoft, est un inépuisable nid à problèmes? Pourquoi le monde de Windows et d’Explorer est-il toujours lent, mal conçu, bourré d’erreurs et sans arrêt en train de faire planter le système dans son ensemble? C’est pourtant possible de développer des produits conviviaux, esthétiques et performants. La preuve, les autres le font.

Alors à bien y réfléchir, je me dis que l’indépendance de Yahoo vis-à-vis de Microsoft (si elle se confirme, ce qui n’est pas encore gagné) est une très bonne chose. Pas que je sois un grand utilisateur de ce portail, mais je pense que si la firme de Ballmer met la main sur celle de Yang, 95% des ordinateurs de la planète planteront systématiquement à la première requête effectuée via Yahoo Search. Et ce serait dommage.

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Grâce à Yahoo, démissionner n’a jamais été si facile

23 juin 2008

Tout n’est pas rose actuellement pour Yahoo. Son CEO Jerry Yang s’est mis un certain nombre d’actionnaires à dos, en refusant l’offre de rachat de Microsoft tout d’abord, puis en faisant alliance avec Google dans un geste que certains considèrent comme la preuve que la stratégie de Yahoo ne suit en fin de compte aucune réelle ligne directrice.

L’alliance avec Google a d’ailleurs eu de nombreuses conséquences, notamment une forte chute de l’action Yahoo et le départ de plusieurs personnages clés (dont le vice président exécutif en charge de la recherche et des données) qui viennent s’ajouter à la longue liste des cerveaux ayant quitté le navire ces derniers temps.

Jerry Yang a récemment subi un véritable lynchage public en provenance du New York Times. Dans un article très dur mais parfaitement défendable d’un point de vue business, le journaliste accuse clairement Jerry Yang d’avoir trahi la confiance de ses actionnaires, ceux-là même qui l’ont « rendu milliardaire en achetant les actions de l’entreprise ».

La conclusion de l’article est sans appel: les jours de Jerry Yang en tant que CEO sont comptés car « il est temps d’avoir à ce poste une personne qui comprend pour qui elle travaille ». Traduction: le refus de l’offre de Microsoft a été motivé par des considérations personnelles et nullement avec le bien-être des actionnaires en tête.

C’est donc sans surprise (ou presque, mais il ne faut vraiment s’étonner de rien sur le web tant ce média est réactif) que j’ai découvert ce matin le générateur de lettres de démission pour les employés de Yahoo. L’ensemble est tout à fait cohérent (à la limite il pourrait même servir pour démissionner d’une autre entreprise), et l’outil offre trois formulations à choix: de « politiquement correct » à « quitte à démissionner, autant y aller franchement… »

C’est certes un peu sévère mais plutôt bien trouvé, et surtout très révélateur de la situation actuelle de Yahoo. M. Yang, si j’étais vous, je retournerais demander les conseils de Shpigler the Shark. Il avait peut-être vu juste…

Yahoo Search évolue

9 mai 2008

Il y a à peine un an, Google révolutionnait la recherche en lançant Google Universal Search. En plus des sites Web traditionnels, les pages de résultats allaient désormais afficher des vidéos, des images, des actualités, des cartes géographiques ou même des livres. Or, depuis hier, une information secoue la Toile: Yahoo vient de lancer un système équivalent, baptisé Yahoo Glue et actuellement testé en Inde.

Si le système ne marche apparemment que pour certaines catégories de recherches (sports, voyages, loisirs, santé, finance et technologie), il semble procurer une expérience utilisateur plus satisfaisante malgré un temps de chargement légèrement plus long. C’est du moins ce que relate Erick Schonfeld sur TechCrunch; il propose également quelques captures d’écran des nouvelles pages de résultats générées par Yahoo Glue.

Par ailleurs, le 5 mai dernier, Yahoo annonçait sur l’un de ses blogs la sortie en version beta de SearchScan, une nouvelle fonctionnalité destinée à protéger les utilisateurs des virus, spywares et autres spams. Basée sur la technologie SiteAdvisor de McAfee, cette fonctionnalité affiche un message d’avertissement à côté des résultats pointant vers des sites potentiellement dangereux. Google avait doté son moteur de recherche d’une fonctionnalité similaire en 2006 déjà: l’internaute cliqaunt sur un lien douteux voyait s’afficher la page suivante: «Avertissement : Le site que vous vous apprêtez à visiter peut endommager votre ordinateur».

La lutte pour les parts de marché continue donc entre les principaux moteurs de recherche, chacun essayant de fournir aux internautes un contenu non seulement exhaustif et pertinent, mais également sécurisé et procurant une expérience utilisateur supérieure. Microsoft ferait bien de s’aligner rapidement sous peine d’être complètement dépassé, ici aussi.

Chine, censure et Internet 2

2 mai 2008

Non, je n’ai pas décidé qu’à partir de maintenant tous mes articles comporteraient plusieurs volets. Seulement, ayant récemment écrit sur la censure en Chine, je souhaite partager avec vous cet article trouvé sur le Journal du Net et consacré au même sujet. Ici, la question de la censure implique deux des principaux moteurs de recherche au niveau mondial: Google et Yahoo.

Apparemment, depuis quelques jours, les requêtes concernant Carrefour effecutées depuis les moteurs de recherche chinois, mais également depuis les versions chinoises de Google et Yahoo, renvoient une page ne contenant qu’un message d’erreur. Le site Google Blogoscoped y voit l’intervention des autorités chinoises, mais ne pense pas qu’il s’agisse de représailles faisant suite aux incidents qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique à Paris. Selon le site, il s’agirait au contraire d’un moyen d’empêcher que l’appel au boycott lancé contre Carrefour ne s’étende encore. Une sorte de protection accordée à Carrefour, en somme.

Dans tous les cas, le Journal du Net soulève une question très pertinente: quelles que soient les motivations des autorités chinoises, si ce sont bien elles qui sont à l’origine de ce phénomène, cela impliquerait que les versions chinoises des moteurs de recherche internationaux sont directement contrôlables par le gouvernement, du moins jusqu’à un certain point.

Cette hypothèse, si inquiétante qu’elle soit, est loin d’être farfelue: Yahoo a été accusé à plusieurs reprises d’avoir fourni au gouvernement chinois des informations sur des utilisateurs de ses services, permettant ainsi l’arrestation et la capture de « dissidents politiques ». Quant à Google Chine, entre les noms de domaines non indexés (ceux de médias occidentaux ou d’associations de défense des Droits de l’Homme notamment), la censure des résultats concernant certaines recherches (dénoncée en 2006 déjà) et l’absence, dans Google News, de certaines sources d’opposition, sa relation avec Pékin est depuis longtemps extrêmement questionnable.

Ce fait en apparence anodin est loin de l’être en réalité; sur Internet ou dans le monde réel, les cas litigieux ayant vus des entreprises ou des gouvernements se plier en quatre pour signer des contrats et profiter ainsi de la phénoménale croissance de la Chine sont légion. La simple attribution des J.O. à la Chine en est l’exemple le plus médiatisé.

Etant diplômé HEC, je ne vais pas commencer à m’élever contre le capitalisme et traîner dans la boue ceux qui cherchent à faire du profit. Seulement, entre appât du gain et éthique, il existe normalement une ligne qu’il ne faudrait franchir sous aucun prétexte. Hélas, force est de constater que si les bénéfices potentiels sont suffisamment importants, l’éthique ne pèse pas bien lourd dans cette fragile équation.

Sur le même sujet, cet article fournit quelques éléments supplémentaires ainsi qu’une capture d’écran du message d’erreur en question.