Archive for the ‘Internet’ Category

Bientôt des flux RSS chez Google

10 octobre 2008

On l’attendait depuis un moment, Google l’a confirmé il y a quelques jours: des flux RSS seront bientôt disponibles sur les pages de résultats de son moteur de recherche. La date officielle n’est pas encore connue, mais le lancement de cette nouvelle fonctionnalité a été confirmé par un porte-parole de Google.

Actuellement, Google est le seul moteur de recherche d’importance qui ne propose pas encore ces fameux flux RSS (pour un bref rappel concernant les flux RSS et leur utilisation, je vous encourage à lire mon tutorial Netvibes). En effet, le seul moyen proposé jusqu’ici pour se tenir informé de l’apparition de nouveaux contenus en lien avec une thématique donnée était Google Alerts.

Toutefois, à bien y regarder, cela n’a selon moi rien de surprenant, au contraire. Concrètement, le principal changement comportemental induit par l’utilisation de ces flux est qu’il n’est plus nécessaire d’aller sur un site pour en recevoir les mises à jour.

Au niveau des moteurs de recherche, cela signifie qu’au lieu de taper la requête « embarquement e-media » (au bol) dans Google tous les jours, vous n’avez qu’à lancer la recherche une fois, souscrire au flux RSS associé à cette requête spécifique, et vous recevrez automatiquement les nouveaux résultats liés à cette recherche dans votre agrégateur dès leur indexation par Google.

Petite question maintenant: parmi ses très nombreuses activités, laquelle est la plus profitable pour Google? Bravo, il s’agit effectivement de Google AdWords, qui permet d’afficher sur les pages de résultats des publicités en lien avec les requêtes des internautes – ce que l’on nomme la publicité contextuelle.

Ces publicités fonctionnent selon un système d’enchères dans lequel les annonceurs achètent les mots-clés en lien avec leur domaine d’activité, et ne paient le prix de ces mots-clé que lorsqu’un internaute clique sur l’annonce. C’est que l’on appelle le CPC, ou Coût Par Clic. A travers ce canal, ce sont plusieurs milliards de dollars qui rentrent chaque année dans les caisses de Google.

Je pense que vous voyez où je veux en venir: avec les flux RSS, il n’est plus nécessaire d’aller sur Google, du moins pas pour les requêtes que l’on effectue fréquemment. Or, si le trafic et l’utilisation de Google baissent, le taux de clics sur les annonces risque de suivre la même direction.

La baisse des clics entraînera la baisse des revenus pour Google, et la baisse de trafic rendra Google moins attractif pour les annonceurs, qui seront amenés à réduire leurs achats de mots-clé. Et re-baisse des revenus pour Google.

Alors évidemment, d’ici à ce qu’AdWords tombe en désuétude, il y a encore plusieurs pas de géants à franchir. Je pense néanmoins qu’il faut voir ici une des raisons qui ont poussé Google à retarder l’apparition de cette fonctionnalité, de même qu’une de ses principales motivations dans sa quête perpétuelle de nouvelles sources de revenus publicitaires – tels que l’insertion de publicités dans les jeux vidéos en ligne.

Il sera en tout cas très intéressant d’étudier les états financiers de Google dans les mois qui suivront le lancement des flux RSS.

Wikipédia, l’utopie rattrappée par la réalité

23 juillet 2008

Le 21 août 2007, je publiais un article à propos de Wikipédia et des efforts fournis par ses fondateurs pour empêcher des gens peu scrupuleux de modifier le contenu de l’encyclopédie libre selon leurs intérêt personnels. Je terminais en souhaitant que Wikipédia trouve rapidement une solution à ce nouveau type de vandalisme.

Un peu moins d’un an plus tard, une solution semble se dégager et est actuellement testée en Allemagne. Malheureusement, cette solution – si elle est effectivement répliquée dans les autres pays – marque la fin du rêve qui mena à la création de Wikipédia: la possibilité pour tout internaute de contribuer librement, sans avoir à s’identifier au préalable.

Malheureusement, les assauts répétés des vandales de tout genre semblent avoir eu raison de cette belle et noble utopie. Aujourd’hui, pour la version allemande du site, des correcteurs « officiels » ont été nommés et sont chargés de valider les articles avant leur publication. Si les utilisateurs enregistrés peuvent toujours accéder aux articles n’ayant pas encore été validés, aucune publication ne se fait sans vérification préalable.

Très sincèrement, je ne vois pas de meilleure solution que celle-ci pour faire de Wikipédia une source d’informations enfin fiable. De nombreux enseignants se sont déjà inquiétés de voir que Wikipédia est devenue LA source de référence pour de nombreux étudiants utilisant son contenu sans être conscients de ses limitations.

La perspective d’une encyclopédie neutre et de qualité est donc, en soi, plutôt réjouissante. On peut néanmoins regretter qu’une fois de plus, le contrôle et la discipline soient les seuls moyens de lutter contre la connerie humaine, seule ressource naturelle présente en quantité inépuisable à la surface du globe.

L’histoire ne dit pas si les 25’000 articles qui constitueront la première version imprimée de Wikipédia sont tous passés par ce processus de validation. Apparemment, le critère retenu est la popularité des articles (reflétée par le nombre de recherches dont ils ont fait l’objet).

A vrai dire, mais ce n’est que mon avis, je trouve l’intérêt du projet très limité: ce n’est certainement pas sur le terrain des encyclopédies papier que Wikipédia a le plus de valeur à apporter, d’autant que les problèmes de crédibilité du contenu risquent précisément de constituer un gros frein à l’achat.

Pour terminer, je vous invite à visiter le blog Pour une Wikipédia Responsable. Il mentionne en effet un certain nombre d’éléments concernant la responsabilité des différents acteurs du web en termes de contenu, et met en lumière un point généralement peu connu: la responsabilité de Wikipédia elle-même.

Google annonce ses résultats au 30 juin 2008

19 juillet 2008

Le 18 avril dernier, Google diffusait ses résultats pour le premier trimestre. Les résultats du second trimestre viennent de tomber et, disons-le, ont été accueillis plutôt froidement par les investisseurs. En effet, si les revenus de Google sont de 3% supérieurs à ceux du premier trimestre (à 5.37 milliards de dollars !), le revenu net est lui en (très) léger recul, de 600 millions exactement.

Plus que ces performances, qui me semblent plutôt honorables, c’est surtout l’écart entre les prévisions des analystes et les résultats effectifs que sanctionne le marché. L’action de Google a en effet enregistré une baisse de 12% pour se retrouver à son niveau le plus bas depuis 3 mois.

Si la morosité économique générale est l’un des principaux facteurs avancés, le ralentissement considérable de l’augmentation des dépenses publicitaires en ligne joue également un rôle non négligeable. A cela s’ajoutent des frais plus importants que lors de la période précédente, une situation principalement due aux frais juridiques engendrés par le différent avec Viacom et l’augmentation des investissements dans le R&D.

En soi, la situation n’a donc rien d’alarmant pour Google. Toutefois, dans cette période économiquement trouble, décevoir les analystes et les investisseurs pourrait s’avérer très dangereux. La réussite de Google a été tellement insolante que les faux pas seront de moins en moins bien tolérés. Comme pour Federer…

Les limites du modèle publicitaire

14 juillet 2008

La semaine dernière, Google annonçait ne pas être pleinement satisfait des revenus publicitaires générés par YouTube. La principale raison invoquée est que Google n’accepte d’insérer de la publicité que dans les vidéos ayant été « validées par des sociétés de médias ou d’autres partenaires » comme n’enfreignant aucun copyright. Cela correspond environ à 4% des vidéos présentes sur le site.

Evidemment, Google cherche déjà des moyens d’améliorer les performances de sa plate-forme vidéo. Un « examen attentif » du comportement des consommateurs aurait permis à Google d’identifier une centaine de problèmes (rien que ça). Pas convaincu néanmoins, dans la mesure où l’une des solutions envisagée est « d’ajouter des publicités qui seraient diffusées avant ou après certaines vidéos ».

Oui, bien sûr, les gens vont continuer à regarder l’écran après la vidéo uniquement pour le plaisir de se taper de la pub. Même constat pour les publicités qui ne se lancent que si l’internaute clique dessus. C’est vrai que je me dis souvent « tiens, si j’allais sur YouTube regarder quelques réclames si stimulantes pour mon intellect ». Quant à la diffusion préalable d’une publicité avant la vidéo, ce n’est ni plus ni moins que le meilleur moyen de vider YouTube de son trafic.

Personnellement, je pense que Google a beaucoup de mal à admettre qu’il y a d’autres moyens que la publicité pour gagner de l’argent. C’est compréhensible, dans la mesure où les revenus de Google ne proviennent que de ce canal: si les liens sponsorisés ramènent à eux seuls 10 milliards de dollars par an, pourquoi questionner l’efficacité du financement par la pub?

Loin de moi l’idée de remettre en cause l’intelligence et l’efficacité des dirigeants de Google; ils ont déjà suffisamment montré tout le brillo dont ils font preuve à la tête de cette gigantesque machine à sous. Néanmoins, à force de vivre grâce, pour et par la pub, je pense qu’ils ont fini par perdre un peu de vue certaines réalités pourtant fort précieuses.

Tout d’abord, la dépendance excessive du Web 2.0 envers la publicité est dénoncée depuis déjà longtemps. Même votre serviteur, qui à l’époque en était à ses débuts en matière de Web, soulevait dans son mémoire il y a plus d’un an que l’absence de business modèles convaincants est l’un des principaux dangers pour la survie du Web 2.0. Ce constat avait déjà été fait par des experts et des analystes en tous genre, et continue d’ailleurs d’être fait depuis, sans que les choses aient vraiment changé.

Ensuite, il y a une différences d’état d’esprit évidente entre l’internaute qui utilise Google et celui qui utilise YouTube. S’il est bien un domaine dans lequel internet a révolutionné nos comportements, c’est celui du shopping. Qu’il s’agisse de trouver un produit précis, de chercher des infos sur une famille de produits ou de comparer différents produits entre eux, Internet est le premier réflexe pour un nombre croissant de gens.

On se trouve donc ici en présence de gens qui ont de fortes chances d’être dans une optique d’achat, ou du moins de préparation de l’achat. Il est donc parfaitement logique et efficace de placer des publicités dans les pages de résultats des moteurs de recherche. En effet, même si la proportion de gens qui vont réellement cliquer est faible, le trafic de Google est suffisamment important pour que ce petit pourcentage de clics corresponde à un nombre important de personnes.

Or, quand vous êtes sur YouTube, votre état d’esprit est complètement différent. Vous êtes là à des fins de divertissement, point final. A la limite, vous êtes là parce que vous représentez une maison de production et que vous venez prendre connaissance en pleurant du nombre de nouveaux contenus protégés que les utilisateurs ont déjà regardés malgré tout.

En d’autres termes, vous n’allez jamais sur YouTube pour préparer un achat (ou si c’est le cas, merci de m’écrire pour m’informer qu’en fin de compte je n’ai rien compris au Web et qu’il faut vraimenent que je change de boulot).

Ce constat avait déjà été fait pour Facebook, dont les performances publicitaires (taux de clic notamment) étaient désastreuses, et ce bien avant que Zuckerberg et son Beacon ne se mettent tous les fans sur le dos. Là encore, on va sur ce site pour se divertir et/ou socialiser (si j’ose dire), pas pour que le matraquage publicitaire indigeste recommence comme à la télé, sur les autres sites Web ou simplement dans la rue.

Pour le cas spécifique de YouTube, ce problème des revenus publicitaires est d’autant plus grave que l’entretien d’un tel site réclame d’énormes investissements en capacités de stockage et en maintenance, sans compter les frais (potentiels ou déjà réels) colossaux engendrés par les procès pour violation de droits d’auteur.

Je pense donc qu’à terme, même Google devra admettre que la publicité n’est pas le Saint Graal, et qu’il y a encore des espaces préservés que même Google ne peut pas monétiser avec des réclames. On a longtemps annoncé le Web 2.0 comme l’Eldorado des annonceurs, et je trouve pour le moins réjouissant que YouTube prenne des petits airs d’Eldorado pour les internautes…

Il est clair en tous cas que Google ne va pas rester les bras croisés; quand on a acheté un site pour 1,65 milliards de dollars, ça doit être un peu frustrant de le laisser ne rapporter « que » 200 millions dans l’année. Google a d’aileurs récemment annoncé pour bientôt la possibilité de rechercher des contenus sur YouTube grâce à la géolocalisation. Or, si la géolocalisation peut s’avérer utile – ou du moins pratique – pour les internautes, elle est également extrêmement précieuse pour… les annonceurs. Et oui.