Chine, censure et Internet 2

Non, je n’ai pas décidé qu’à partir de maintenant tous mes articles comporteraient plusieurs volets. Seulement, ayant récemment écrit sur la censure en Chine, je souhaite partager avec vous cet article trouvé sur le Journal du Net et consacré au même sujet. Ici, la question de la censure implique deux des principaux moteurs de recherche au niveau mondial: Google et Yahoo.

Apparemment, depuis quelques jours, les requêtes concernant Carrefour effecutées depuis les moteurs de recherche chinois, mais également depuis les versions chinoises de Google et Yahoo, renvoient une page ne contenant qu’un message d’erreur. Le site Google Blogoscoped y voit l’intervention des autorités chinoises, mais ne pense pas qu’il s’agisse de représailles faisant suite aux incidents qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique à Paris. Selon le site, il s’agirait au contraire d’un moyen d’empêcher que l’appel au boycott lancé contre Carrefour ne s’étende encore. Une sorte de protection accordée à Carrefour, en somme.

Dans tous les cas, le Journal du Net soulève une question très pertinente: quelles que soient les motivations des autorités chinoises, si ce sont bien elles qui sont à l’origine de ce phénomène, cela impliquerait que les versions chinoises des moteurs de recherche internationaux sont directement contrôlables par le gouvernement, du moins jusqu’à un certain point.

Cette hypothèse, si inquiétante qu’elle soit, est loin d’être farfelue: Yahoo a été accusé à plusieurs reprises d’avoir fourni au gouvernement chinois des informations sur des utilisateurs de ses services, permettant ainsi l’arrestation et la capture de « dissidents politiques ». Quant à Google Chine, entre les noms de domaines non indexés (ceux de médias occidentaux ou d’associations de défense des Droits de l’Homme notamment), la censure des résultats concernant certaines recherches (dénoncée en 2006 déjà) et l’absence, dans Google News, de certaines sources d’opposition, sa relation avec Pékin est depuis longtemps extrêmement questionnable.

Ce fait en apparence anodin est loin de l’être en réalité; sur Internet ou dans le monde réel, les cas litigieux ayant vus des entreprises ou des gouvernements se plier en quatre pour signer des contrats et profiter ainsi de la phénoménale croissance de la Chine sont légion. La simple attribution des J.O. à la Chine en est l’exemple le plus médiatisé.

Etant diplômé HEC, je ne vais pas commencer à m’élever contre le capitalisme et traîner dans la boue ceux qui cherchent à faire du profit. Seulement, entre appât du gain et éthique, il existe normalement une ligne qu’il ne faudrait franchir sous aucun prétexte. Hélas, force est de constater que si les bénéfices potentiels sont suffisamment importants, l’éthique ne pèse pas bien lourd dans cette fragile équation.

Sur le même sujet, cet article fournit quelques éléments supplémentaires ainsi qu’une capture d’écran du message d’erreur en question.

Publicités

Étiquettes : , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :