Qu’on damne la communauté internationale (2/3)

[…] Le problème est que les chefs d’Etat n’ont pas été élus pour condamner, mais pour agir.

Le problème est que l’on attend des Nations-Unies des actions, pas des condamnations.

Le problème est que depuis des années, toutes les personnes occupant des postes à responsabilités au niveau national ou mondial rivalisent de prouesses verbales pour trouver les tournures condamnatoires les plus lyriques, mais n’obtiennent aucun résultat sur le terrain. Au contraire, le rythme des attentas et des conflits internationaux n’a de cesse de s’accélérer. Mais n’ayez crainte, c’est une situation que la communauté internationale condamne avec fermeté. Ouf.

J’ai conscience que les problèmes et les enjeux impliqués ici sont loin d’être triviaux, et que leur résolution nécessite du temps, de la réflexion et des moyens. Je pense malgré tout que si nos chers dirigeants (ne voyez là aucune pique douteuse envers l’augmentation de 140% du salaire de Sarkozy) et représentants internationaux passaient moins de temps à enfoncer des portes ouvertes en condamnant des actes odieux et lâches, et plus de temps à appliquer des solutions concrètes, le résultat ne pourrait qu’être bénéfique pour tous. Cela aurait aussi comme effet de rendre un minimum de crédibilité à la scène politique et diplomatique internationale, de plus en plus dépassée par les événements.

Petit exemple fort simple (et pardon si j’ai l’air de pointer systématiquement les mêmes personnes du doigt) : l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, sur la base de mensonges éhontés et d’une mauvaise foi historiquement inégalée (et aujourd’hui admise par Bush lui-même) est en train de mettre le Moyen-Orient à feu et à sang. Chaque action militaire américaine attise la haine des extrémistes envers l’Occident et provoque de nouvelles scènes de désolation que la communauté internationale s’empressera de condamner parce que quand même, c’est mal tout ça.

Le point intéressant est que, si ma mémoire est bonne, les Etats-Unis ont attaqué l’Irak malgré un véto du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’administration Bush a déclenché une guerre préventive (concept inconnu jusqu’alors) qui s’est depuis avérée être un véritable cauchemar humain, financier et géopolitique. A l’époque, les manifestations populaires avaient été bien plus impressionnantes (en termes d’ampleur et d’énergie) que les démarches politiques émanant d’autres pays.

Voici donc la puissance de l’ONU, et de tous ces Etats souverains qui constituent cette communauté internationale ? Tous (ou presque) étaient contre la guerre. Cela n’a pas empêché les Américains de la déclencher. Force est de constater qu’aujourd’hui, la « communauté internationale » est une vaste farce, pleine de bonnes intentions mais sans aucun moyen (ou volonté?) d’action. L’ONU n’a absolument aucun pouvoir sur les Etats (les nombreuses sanctions prononcées envers l’Iran n’ont pas freiné les velléités nucléaires du président Ahmadinejad, pour ne citer que cet exemple), qui continuent de condamner publiquement tout ce qui peut l’être tout en suivant paisiblement leur agenda personnel. […]

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2 Réponses to “Qu’on damne la communauté internationale (2/3)”

  1. brownian Says:

    Dans ce deuxième opus, tu fais quelques collusions un peu surprenantes; aussi j’essaie de répondre sur le fond plutôt que sur les faits.

    Tu as mis le doigt sur quelque chose d’important: les temporalités distinctes de l’action et de l’actualité: pour éviter de nouveaux attentats, la meilleur solution est de fournir une meilleure éducation, de sortir de la misère, de combler les différences criantes entre pays. Toutes ces « solutions concretes » prennent énormément de temps (l’Unesco a mis en place de nombreux programmes de scolarisation, l’association TransCultura sert aux échanges sur différents contenus culturels…) alors qu’au bout de quelques jours l’actualité « courante » (comme un attentat à Bagdad ou Téhéran) a disparu. La réponse d’indignation, de condamnation est donc la facade pour l’actualité, un message adressé à l’opinion publique.

    Je crois que la solution concrete immédiate est un mirage:
    Que faire contre Hussein ou Ahmadinejad lorsque ceux-ci sont insensibles aux pressions internationales? Depuis combien de temps maintient on Cuba dans la pauvreté pour eliminer Castro?

  2. Vince Says:

    Il est effectivement illusoire d’attendre une solution concrète immédiate; à ce stade, je me satisferais déjà de bonnes intentions et de quelques signaux forts!

    Concernant mes collusions, si tu veux développer n’hésite pas 😉

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