Peut-on discuter calmement des Etats-Unis?

Depuis que j’utilise Internet à haute dose (et cela fait maintenant un certain nombre d’années), j’ai pu constater que certains sujets créent systématiquement des discussions pour le moins houleuses. De ce que j’ai pu voir jusqu’ici, il y a un sujet en particulier qui non seulement fait régulièrement la une de l’actualité mais suscite également des réactions que je qualifierais d’ « engagées », pour ne pas dire plus : les Etats-Unis.

Indépendamment de la guerre en Irak, qui sert depuis maintenant 4 ans de toile de fond à l’actualité internationale, on a pu constater ces derniers mois l’arrivée sur le devant de la scène d’un certain nombre d’événements qui n’ont pas fini d’échauffer les esprits. Qu’il s’agisse du massacre de Virginia Tech, du réchauffement climatique ou du bouclier anti-missiles, les sujets de discussion liés aux Etats-Unis ne manquent pas. Les réactions non plus.

Si il a longtemps été plus ou moins impossible pour l’individu lambda de s’exprimer sur ce type de problèmes (du moins de façon à être entendu), l’arrivée et le développement d’Internet ont levé cette barrière de façon spectaculaire. Il est aujourd’hui très facile (du moins dans les pays où l’accès à Internet n’est pas censuré voire impossible) de donner son point de vue en quelques clics de souris. De plus, le relatif anonymat offert par le web incite les internautes à s’exprimer librement et sans retenue, ce qui nuit fréquemment à la qualité des échanges puisqu’un sujet un tant soit peu polémique a très vite fait de dégénérer en une empoignade virtuelle que les modérateurs ou administrateurs de sites web ont bien du mal à contenir.

J’en suis donc venu à me poser la question qui est l’objet de cet article : peut-on discuter des Etats-Unis calmement, ou tout ce qui touche à ce pays est-il si polarisant que les émotions et les réactions à chaud prennent toujours le dessus sur le raisonnement et l’objectivité?

Je reconnais que je ne suis jamais le dernier à cracher sur les Etats-Unis, tant je suis farouchement opposé à (voire révolté par) une bonne partie de ce qui se dit et se fait là-bas. Qu’il s’agisse des armes à feu et du pouvoir de la NRA (National Riffle Association), du refus de George Bush d’agir contre le réchauffement climatique pour ne pas entraver la croissance de l’économie US ou de la très difficilement justifiable habitude que ce pays a prise de s’ingérer systématiquement dans les affaires des autres pays, au mépris des lois internationales et de la stabilité (ou même de la survie) de certaines régions du monde, ma première réaction est la même : je jure un bon coup, je m’énerve, je lève les bras au ciel en criant à qui veut l’entendre qu’on n’a jamais entendu un truc pareil, et puis je me calme. J’essaie de réfléchir, de prendre du recul et de mettre de côté la profonde antipathie que j’ai développée envers les Etats-Unis depuis bon nombre d’années, principalement à cause de faits comme ceux que je viens d’évoquer.

Il n’est jamais facile d’être objectif quand on réfléchit à des problèmes de ce type (par exemple, l’attitude américaine concernant les émissions de gaz à effet de serre a un impact qui va bien au-delà des frontières US, ce qui a pour conséquence de nous faire nous sentir directement concernés par les décisions prises à Washington). Mais je pense qu’au-delà de notre instinct, qui nous pousse souvent à réagir avec nos tripes plus qu’avec notre tête, nous pouvons (nous devons) faire preuve de plus de retenue que cela lorsque l’on considère des questions aussi complexes ayant des conséquences à une échelle aussi large. Même s’il est souvent difficile de mettre l’émotionnel de côté…

D’après moi, il importe tout d’abord de distinguer entre la population et le gouvernement. Certes, la première a élu le chef du second (et deux fois). On sait toutefois que ces élections ne sont pas exemptes de soupçons quant à leur légalité. Par ailleurs, que ce soit aux Etats-Unis ou dans d’autres pays, le choix effectué au moment de voter pour un(e) futur(e) président(e) est souvent motivé par une volonté d’éviter le pire plus que par une réelle conviction. La classe politique a depuis longtemps perdu toute crédibilité, à force de perpétuellement promettre monts et merveilles à l’électorat avant les élections pour ensuite se dépêcher de tout oublier au profit d’agendas beaucoup plus personnels. Il me semble donc un peu réducteur de s’abandonner à un raisonnement du type « si les Américains ont élu un con pareil, ils ne valent sûrement pas mieux ».

Ensuite, je pense qu’il est toujours plus facile de critiquer ce qui se passe chez son voisin que chez soi. Il ne faut pas perdre de vue que l’administration Bush s’emploie depuis bientôt 8 ans à développer un climat de peur, d’insécurité et d’ignorance à travers le pays, avec un succès assez effrayant soit dit en passant. Je trouve par exemple extraordinaire qu’un bon nombre d’Américains semblent seulement commencer (c’est du moins ce qui ressort des discours exprimés sur le net) à réaliser que le 11 septembre ne s’est pas passé comme le gouvernement a voulu le faire croire, alors que je me souviens parfaitement avoir discuté des incohérences de la théorie officielle quelques semaines seulement après ces attentats meurtriers. Et aujourd’hui, sur certains réseaux peer-to-peer au sein desquels circulent des vidéos du type « 9/11 : The Explosive Reality », je lis quotidiennement des commentaires de citoyens américains qui disent se réjouir de voir ce genre de vidéos car « il est temps de réaliser qu’on nous a menti ». Plutôt surprenant de voir que les premières personnes concernées par cette tragédie ont environ 5 ans de retard pour ce qui est d’en comprendre la nature. Idem pour les armes de destruction massive.

Selon moi, un des principaux problèmes liés à l’attitude des Etats-Unis est la désolante passivité de la communauté internationale. Je ne vais pas tenter de justifier quoi que ce soit, et j’ai conscience que ma comparaison va sembler hors de propos à certains, mais je trouve proprement incroyable qu’on en soit arrivé à une situation où l’ONU monte instantanément au créneau quand il s’agit du nucléaire iranien et prend des sanctions à tour de bras, mais ne bronche pas quand les Etats-Unis contribuent volontairement et aux yeux de tous à mettre en danger la planète entière par leur irresponsabilité environnementale. Pas plus de réaction lors de l’invasion de l’Irak. Je rappelle au passage (à toutes fins utiles) que les Etats-Unis ont lancé leur offensive, avec les conséquences que l’on connaît, malgré le veto du Conseil de Sécurité de l’ONU. Il ne me semble pas qu’aucune sanction ait jamais été appliquée suite à cela.

Alors oui, évidemment, il est plus difficile de prendre des sanctions contre un pays comme les Etats-Unis que contre un pays comme l’Iran. Appliquer des sanctions de type économique ou commercial, par exemple, contre les USA, reviendrait en même temps à frapper l’économie mondiale dans son ensemble. Seulement, avec des raisonnements comme celui-ci, on crée vite une situation intenable, que nous constatons jour après jour depuis maintenant longtemps : d’un côté, un pays (les Etats-Unis) qui non seulement fait ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut, sans jamais être inquiété (du moins pas par les canaux officiels) mais en plus passe son temps à accuser les autres, à les pointer du doigt et à réclamer qu’on les mette au pas ; et de l’autre, une bonne partie des autres pays, qui, sans pour autant être exempts de tout reproche (loin de là!) se voient priés de respecter les lois internationales, les droits de l’Homme et sanctionnés à la moindre incartade. Pardon si je caricature un peu, mais je ne crois pas que mes propos soient si loin de la réalité du terrain.

En conclusion, je ne perds pas de vue que les Etats-Unis ne sont pas le seul pays a qui on pourrait reprocher des choses à n’en plus finir. Là où le bât blesse le plus, à mon avis, c’est l’échelle à laquelle les actions américaines se font ressentir, et le mépris absolu de l’intelligence humaine qu’affichent Bush et son administration lorsqu’ils essaient de nous faire avaler des couleuvres telles que l’avion qui se serait écrasé sur le Pentagone le 11 septembre ou les armes de destruction massives de Saddam, motif avancé mais depuis longtemps infirmé de l’invasion de 2003.

Je ne pense pas que cet article soit aussi objectif que je l’aurais souhaité ; j’en suis même convaincu. On a beau essayer de prendre du recul, on est toujours influencé par ses convictions et les opinions que l’on s’est forgées au fil du temps. J’attends donc vos réactions, calmes ou enflammées! Histoire de (peut-être) répondre à la question que je posais en début d’article…

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