Articles reli´s: «:Web 2.0»

Les limites du modèle publicitaire

14 juillet 2008

La semaine dernière, Google annonçait ne pas être pleinement satisfait des revenus publicitaires générés par YouTube. La principale raison invoquée est que Google n’accepte d’insérer de la publicité que dans les vidéos ayant été “validées par des sociétés de médias ou d’autres partenaires” comme n’enfreignant aucun copyright. Cela correspond environ à 4% des vidéos présentes sur le site.

Evidemment, Google cherche déjà des moyens d’améliorer les performances de sa plate-forme vidéo. Un “examen attentif” du comportement des consommateurs aurait permis à Google d’identifier une centaine de problèmes (rien que ça). Pas convaincu néanmoins, dans la mesure où l’une des solutions envisagée est “d’ajouter des publicités qui seraient diffusées avant ou après certaines vidéos”.

Oui, bien sûr, les gens vont continuer à regarder l’écran après la vidéo uniquement pour le plaisir de se taper de la pub. Même constat pour les publicités qui ne se lancent que si l’internaute clique dessus. C’est vrai que je me dis souvent “tiens, si j’allais sur YouTube regarder quelques réclames si stimulantes pour mon intellect”. Quant à la diffusion préalable d’une publicité avant la vidéo, ce n’est ni plus ni moins que le meilleur moyen de vider YouTube de son trafic.

Personnellement, je pense que Google a beaucoup de mal à admettre qu’il y a d’autres moyens que la publicité pour gagner de l’argent. C’est compréhensible, dans la mesure où les revenus de Google ne proviennent que de ce canal: si les liens sponsorisés ramènent à eux seuls 10 milliards de dollars par an, pourquoi questionner l’efficacité du financement par la pub?

Loin de moi l’idée de remettre en cause l’intelligence et l’efficacité des dirigeants de Google; ils ont déjà suffisamment montré tout le brillo dont ils font preuve à la tête de cette gigantesque machine à sous. Néanmoins, à force de vivre grâce, pour et par la pub, je pense qu’ils ont fini par perdre un peu de vue certaines réalités pourtant fort précieuses.

Tout d’abord, la dépendance excessive du Web 2.0 envers la publicité est dénoncée depuis déjà longtemps. Même votre serviteur, qui à l’époque en était à ses débuts en matière de Web, soulevait dans son mémoire il y a plus d’un an que l’absence de business modèles convaincants est l’un des principaux dangers pour la survie du Web 2.0. Ce constat avait déjà été fait par des experts et des analystes en tous genre, et continue d’ailleurs d’être fait depuis, sans que les choses aient vraiment changé.

Ensuite, il y a une différences d’état d’esprit évidente entre l’internaute qui utilise Google et celui qui utilise YouTube. S’il est bien un domaine dans lequel internet a révolutionné nos comportements, c’est celui du shopping. Qu’il s’agisse de trouver un produit précis, de chercher des infos sur une famille de produits ou de comparer différents produits entre eux, Internet est le premier réflexe pour un nombre croissant de gens.

On se trouve donc ici en présence de gens qui ont de fortes chances d’être dans une optique d’achat, ou du moins de préparation de l’achat. Il est donc parfaitement logique et efficace de placer des publicités dans les pages de résultats des moteurs de recherche. En effet, même si la proportion de gens qui vont réellement cliquer est faible, le trafic de Google est suffisamment important pour que ce petit pourcentage de clics corresponde à un nombre important de personnes.

Or, quand vous êtes sur YouTube, votre état d’esprit est complètement différent. Vous êtes là à des fins de divertissement, point final. A la limite, vous êtes là parce que vous représentez une maison de production et que vous venez prendre connaissance en pleurant du nombre de nouveaux contenus protégés que les utilisateurs ont déjà regardés malgré tout.

En d’autres termes, vous n’allez jamais sur YouTube pour préparer un achat (ou si c’est le cas, merci de m’écrire pour m’informer qu’en fin de compte je n’ai rien compris au Web et qu’il faut vraimenent que je change de boulot).

Ce constat avait déjà été fait pour Facebook, dont les performances publicitaires (taux de clic notamment) étaient désastreuses, et ce bien avant que Zuckerberg et son Beacon ne se mettent tous les fans sur le dos. Là encore, on va sur ce site pour se divertir et/ou socialiser (si j’ose dire), pas pour que le matraquage publicitaire indigeste recommence comme à la télé, sur les autres sites Web ou simplement dans la rue.

Pour le cas spécifique de YouTube, ce problème des revenus publicitaires est d’autant plus grave que l’entretien d’un tel site réclame d’énormes investissements en capacités de stockage et en maintenance, sans compter les frais (potentiels ou déjà réels) colossaux engendrés par les procès pour violation de droits d’auteur.

Je pense donc qu’à terme, même Google devra admettre que la publicité n’est pas le Saint Graal, et qu’il y a encore des espaces préservés que même Google ne peut pas monétiser avec des réclames. On a longtemps annoncé le Web 2.0 comme l’Eldorado des annonceurs, et je trouve pour le moins réjouissant que YouTube prenne des petits airs d’Eldorado pour les internautes…

Il est clair en tous cas que Google ne va pas rester les bras croisés; quand on a acheté un site pour 1,65 milliards de dollars, ça doit être un peu frustrant de le laisser ne rapporter “que” 200 millions dans l’année. Google a d’aileurs récemment annoncé pour bientôt la possibilité de rechercher des contenus sur YouTube grâce à la géolocalisation. Or, si la géolocalisation peut s’avérer utile - ou du moins pratique - pour les internautes, elle est également extrêmement précieuse pour… les annonceurs. Et oui.

Google Map Maker

1 juillet 2008

Ce n’est pas un secret, Google est une pieuvre. Dès qu’un service un tant soit peu populaire émerge sur le web, une déclinaison au moins de ce service sera estampillée Google (si le service en question ne sort pas directement de ses propres labos).

Si certains de ces services sont clairement mieux maîtrisés par d’autres acteurs (réseaux sociaux par exemple), certains font figure de référence absolue. Exemple typique: Google Maps. Or, il se trouve que depuis quelques jours, Google donne aux internautes la possibilité de contribuer à Google Maps; ce nouveau service s’appelle très logiquement Google Map Maker.

Nous sommes ici en présence d’un cas 100% Web 2.0: mettre à profit les millions d’internautes à travers le monde pour contribuer à une oeuvre commune, en l’occurence la cartographie la plus précise possible de notre planète.

La majeure partie des principes fondateurs du Web 2.0 est en effet appliquée ici (the data is in the cloud, le système bénéfice des effets de réseaux, le web est utilisé comme une plate-forme pour délivrer des services aux utilisateurs…).

Le point que j’ai trouvé particulièrement intéressant est le suivant: pour l’instant, tout le monde ne peut pas participer à Google Map Maker. Le service est actuellement réservé à un nombre limité de pays, comme vous pouvez le voir ci-dessous:

Selon toute vraisemblance, les pays concernés sont ceux pour lesquels l’information est la plus lacunaire actuellement. On retrouve donc de nombreuses îles du Pacifique, des Antilles et des Caraïbes, ainsi que quelques îles européennes telles Chypre ou l’Islande. Là où j’ai été vraiment surpris, c’est de voir qu’au milieu de toutes ces petites îles se trouvent deux “intrus”: le Pakistan et le Vietnam.

Il peut s’agir d’une simple coïncidence bien sûr; toutefois, si quelqu’un a une explication plus fondée (qui tournerait par exemple autour des relations, passées et présentes, entre les Etats-Unis, mère patrie de Google, et les deux pays susmentionnés), je suis preneur.

J’ai envoyé un mail à Google pour poser la question, j’espère recevoir une réponse ;)

L’internaute 2.0

27 juin 2008

Travaillant dans le monde du web, ma vision de ce passionnant milieu est probablement biaisée. Par exemple, on entend beaucoup parler du “Web 2.0″. Si le concept est pour moi parfaitement clair, force est de constater que pour beaucoup de gens, la notion est encore très floue - quand elle n’est pas carrément inconnue.

J’ai écrit mon mémoire de master sur ce sujet; j’avais d’ailleurs annoncé que j’y apporterai un certain nombre de modifications sur ce blog. Ce projet est toujours sur la table, mais il a pris du retard. Me basant sur ma connaissance du Web 2.0, j’ai tenu à écrire cet article pour illustrer ce concept, partant du principe qu’un bon exemple est souvent plus efficace qu’une longue théorie - vous verrez d’ailleurs que cette démarche est tout à fait dans l’esprit du Web 2.0.

Très simplement, le Web 2.0 est l’apparition d’un nouvel équilibre entre les différents acteurs du web. L’internaute moyen ne se contente plus d’être le  lecteur passif d’un contenu fourni par des entreprises, mais contribue au contraire à la création, l’amélioration, la diffusion et le partage de cette information. L’encyclopédie collaborative en ligne Wikipédia est le fer de lance de ce mouvement.

Je ne me lancerai pas dans l’analyse du phénomène, d’autant plus que des milliers d’articles ont déjà été écrits sur le sujet. Je me contenterai donc de prendre un exemple concret (votre serviteur, en l’occurrence) pour énumérer les différentes activités que l’on peut mener sur Internet et qui appartiennent à ce mouvement du Web 2.0 (je rappelle néanmoins une nouvelle fois que mon travail, et donc ma profonde immersion dans le web, ne font peut-être pas de moi l’exemple le plus représentatif):

  • Je gère deux blogs (un public, un privé)
  • Je suis rédacteur pour le blog de l’entreprise qui m’emploie
  • Je participe à 5 forums de discussion de façon régulière
  • J’ai un profil sur Linkedin (et un, peu utilisé, sur Viadeo)
  • J’ai une page personnelle sur Netvibes
  • J’ai une galerie photo sur DeviantArt
  • J’ai posté des vidéos sur Youtube
  • J’ai rédigé des articles sur Wikipédia
  • J’ai un compte Facebook (à mon corps défendant)

Et je suis sûr que j’en oublie. Tout cela sans compter que je ne suis de loin pas un utilisateur maladif des services 2.0. Sans rentrer dans les détails, il existe un nombre impressionnant de services extrêmement populaires que je n’ai jamais utilisés: Digg, Twitter, Seesmic, Friendster, FriendFeed, MySpace et des dizaines d’autres.

En fin de compte, le Web 2.0, c’est surtout ceci: la multiplication (parfois abusive) des moyens de communiquer et, plus généralement, d’exister sur Internet. La possibilité pour tous d’interagir avec le monde et faire entendre ses opinions en quelques clics de souris.

Si certains critiquent de façon très virulente cette évolution des moeurs, arguant que cela revient en réalité à un appauvrissement culturel et intellectuel (Andrew Keen notamment est un détracteur féroce du Web 2.0), il n’en demeure pas moins que cette situation s’est installée et est destinée à perdurer. En effet, comme toute forme de liberté - ici, celle de s’exprimer - il est bien difficile d’accepter d’en être privé après y avoir gouté.

Le Web 2.0 vu depuis WordPress

15 avril 2008

Vous l’aurez remarqué, le rythme de mes publications n’est pas des plus réguliers; cela m’a d’ailleurs valu il y a quelques temps un message plein de bienveillance d’un cousin me demandant, avec la pointe d’ironie indissociable du personnage, si j’avais perdu le mot de passe de mon blog! On dit souvent que l’une des principales caractéristiques d’un blog est sa fréquence de mise à jour, bien supérieure à celle d’un site “classique” (ne parlons même pas des sites corporate): je contreviens à ce principe avec allégresse depuis mes débuts de blogueur.

Ecrivant de façon assez sporadique, je prends connaissance des mises à jour de WordPress de la même manière: quand l’envie m’en prend. En-dehors des statistiques de fréquentation, que je consulte quotidiennement, je ne prends généralement pas le temps d’explorer plus en détails mon panneau d’administration. Cela m’a valu ce matin une surprise de taille: alors qu’il y a moins d’un an, lors de la création de ce blog, je n’avais qu’une dizaine de widgets à disposition, ils sont aujourd’hui au nombre de 25!

Plus que leur nombre, c’est surtout la nature de ces widgets qui a motivé le titre de ce billet. Les nouveaux widgets mis à dispositon lors de la dernière grosse mise à jour de WordPress (il y a quelques jours) reflètent clairement les développements que le Web 2.0 a subis ces derniers mois. En effet, j’ai constaté l’apparition des widgets suivants (liste non exhaustive):
  • del.icio.us, le célèbre site de social boomarking permettant de sauvegarder, taguer et partager ses marque-pages.
  • Nuage de mots-clés: permet d’afficher sur la droite du blog les principaux tags utilisés par l’auteur lors de la rédaction.
  • Sonific: ce site permet de créer ses propres playlists musicales et de les intégrer à un blog (par exemple) sous forme de widget en copiant simplement quelques lignes de code.
  • Vodpod: comptant déjà près d’un million de membres, Vodpod permet de collecter des vidéos sur d’autres sites et de les rassembler en un même endroit (à l’aide du code embed). Ces vidéos peuvent ensuite, comme pour tout service 2.0 qui se respecte, être partagées avec les autres membres ou sur un blog personnel.
  • Flickr: faut-il encore présenter le site de partages de photos le plus célèbre de la toile?
  • Platial Mapkit: site collaboratif de création de cartes.
  • Meebo: un système de messagerie Web permettant de se connecter simultanément aux principaux protocoles de messagerie instantanée tels que AIM, Yahoo! Messenger, Google Talk, ICQ ou Windows Live Messenger.

Tous les services mentionnés ci-dessus ont un point en commun: ils sont résolument orientés Web 2.0. Le côté collaboratif et participatif, les effets de réseau, la présence de données “in the cloud” (c’est-à-dire accessibles de partout) ou encore la création/mise à disposition de contenus par les internautes eux-mêmes sont autant de critères associés au Web 2.0. Libre à chacun de se faire sa propre idée et de juger de l’utilité de ces différents sites; personnellement, je n’en utilise aucun. Mon blog suffit largement à assouvir mon envie d’échanger avec le reste du Web, et je ne ressens pas l’impérieux besoin de partager mes bookmarks, mes vidéos ou mes goûts musicaux.

Il n’en demeure pas moins que cette nouvelle version de WordPress est désormais bien plus en phase avec la réalité du Web 2.0; pour une plate-forme dédiée au blogs, c’est d’ailleurs le moins que l’on pouvait attendre. La surprise vient plutôt de l’absence des mamouths du Web 2.0: à quand un widget Netvibes pour partager son univers, ou un widget Facebook offrant la merveilleuse et fondamentale possibilité de poker un ami depuis son blog personnel? Et vous, quels widgets (ou autre option) souhaiteriez-vous avoir à disposition pour bloguer?