Suis-je vraiment un irrécupérable emmerdeur?
1 juillet 2008 by VinceLe 17 juin dernier est sorti Firefox 3. Même si vous ne l’utilisez pas, vous en avez peut-être entendu parler suite à la grosse opération de buzz menée autour du Download Day (avec plus de 8 millions de téléchargements dans les premières 24 heures, on peut dire que l’opération a bien marché). Il faut dire qu’avec 15′000 améliorations annoncées, il y avait de quoi susciter l’enthousiasme.
Alors que les premières critiques étaient unanimement bonnes (vitesse, stabilité, ergonomie…), mes premiers pas avec cette nouvelle version de Firefox ont été un peu laborieux. Alors que Firefox 2 n’avait quasiment jamais planté, j’ai essuyé un nombre incalculable de fermetures de navigateur inopinées lors des premiers jours passés à utiliser cette nouvelle mouture. Même si la session est restaurée au démarrage suivant, ça énèrve.
Le gestionnaire de téléchargements est également moins bien pensé que le précédent, selon moi. Côté vitesse de chargement des pages, pas d’amélioration vraiment perceptible. Le layout graphique m’apparaît également comme moins intuitif et moins séduisant. Je m’apprêtais donc à rédiger un petit billet critique sur le sujet, mais mes doigts se sont interrompus juste au dessus des touches, paralysés par cette angoissante question: suis-je vraiment un irrécupérable emmerdeur?
Depuis que j’ai créé ce blog (un an bientôt), j’ai fait l’éloge (ou au moins parlé positivement) de:
- Jeff Dunham, le ventriloque
- Baselworld
- L’expérience d’achat procurée par Apple et son service marketing
A l’inverse, j’ai critiqué/dénoncé/raillé/méprisé/craché sur:
- Les Etats-Unis
- Christophe Blocher
- Les Etats-Unis
- La Chine
- La communauté internationale
- Les Etats-Unis
- Netvibes
- Les publicitaires
- Le foot
- Nespresso
- Les Etats-Unis
Les plus attentifs auront remarqué la présence répétée des Etats-Unis dans cette liste. Il s’agit effectivement d’un thème récurrent dans mes écrits, je l’admets, et cela ne risque pas de changer avant la prochaine présidence. Pourquoi?
J’ai beaucoup appris ces derniers temps, notamment au travers des documentaires d’Alex Jones, sur la nature et l’ampleur réelles des crimes perpétrés par Bush et son administration; croyez-moi, vous n’en connaissez pas le dixième (je donne volontiers plus d’infos là-dessus à ceux que ça intéresse, mais ce n’est pas le sujet principal de cet article).
Bref, tout cela pour dire que je critique beaucoup. De l’extérieur, cela peut donner la désagréable impression que je m’estime supérieur, que je sais tout mieux que tout le monde et que du coup je me permets de donner des leçons. Il n’en n’est rien.
Je me base sur un constat très simple, et que je peux d’ailleurs valider au quotidien dans mon cadre professionel: les entreprises lisent ce que disent leurs consommateurs. Les entreprises ont compris que le média Internet est aujourd’hui omniprésent, incontournable, et surtout plus rapide et réactif que n’importe quel autre canal de communication. Par conséquent, les entreprises un brin à la pointe écoutent et lisent ce que disent les gens sur le net, et agissent en conséquence (parfois).
Alors bien sûr, quand je critique la Chine, les Etats-Unis ou l’ONU, je n’ai ni la prétention ni l’espoir de faire changer les choses en l’espace de quelques lignes vindicatives. Pourtant, je considère le simple fait d’exprimer son désaccord comme fondamentalement important. Tout seul, je n’ai sûrement aucun poids; mais dès lors qu’on s’y met à plusieurs (à l’échelle d’un pays par exemple), on a le pouvoir de faire changer les choses. Alors j’aurai au moins apporté ma pierre à l’édifice.
C’est comme les gens qui ne vont pas voter et qui ensuite se plaignent de leurs dirigeants ou des lois qui régissent leur vie. Même si voter ne garantit pas que son idée ou son candidat l’emporte, cela donne au moins la légitimité de critiquer, de dénoncer et de se plaindre d’un certain état de fait. T’as pas voté? Dans ce cas ferme ta gueule, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même si le résultat ne te plaît pas.
Bloguer, c’est un peu mon vote permanent. Je n’ai ni la prétention d’en savoir plus que mon voisin, ni celle d’avoir le pouvoir de changer la donne. Mais au moins, le jour où les Etats-Unis et la Chine lanceront un Facebook commun destiné à promouvoir les pubs débiles, les capsules en aluminium et Christophe Blocher, le tout avec l’accord de la communauté internationale, je pourrai dire: je vous avais bien dit qu’il fallaiit se méfier.